Wouhou !!!! J'ai fini le chapitre plus vite que ce que je pensais !!!!
-Libye ! Eh, Libye ! Réveilles-toi !
Elle entrouvrit les yeux. Elle vit Karine penchée au-dessus d'elle.
-Aller, lèves-toi. C'est le grand jour.
-Nan... Veux encore dormir...
-Très bien, tu l'auras voulu !
Elle retira toutes les couvertures qui recouvraient la jeune fille. On était au milieu de l'automne et les températures commençaient à chuter rapidement. Elle sentit l'air froid lui glacer les jambes. Elle se redressa immédiatement.
-Eh !
-Chut ! Tu vas réveiller Emilie !
Elle regarda son amie encore endormie, pelotonnée ans ses draps. Elle aurait donné n'importe quoi pour dormir encore un peu. Elle poussa un long bâillement.
-Eh ben, ça fait à peine une semaine que tu es ici, et tu as déjà pris l'habitude de te lever tard !
Une semaine, déjà une semaine... Elle avait l'impression qu'elle habitait chez Karine et Emilie depuis à peine deux jours. Elle venait juste de se familiariser avec ce nouvel univers. Elle se dirigea vers la cuisine où elle pris un rapide petit déjeuner, elle n'avait jamais très faim le matin. Ensuite elle alla se préparer dans la salle de bain. Elle vit Emilie en train de se coiffer devant le miroir.
-Tiens, t'es déjà réveiller !
-Forcément, avec tout le boucan que vous faites !
-Désolé...
-Roh, t'inquiètes ! C'est pas de me lever à 7h du mat qui va me tuer ! Ah, mes cheveux sont tellement emmêlés que j'arrive pas à me les coiffer !
-Attends, je vais t'aider.
-T'es sur ? Tu vas être en retard !
-Mark peut bien patienter un peu... Je te fais ta natte aussi ?
-Tant que tu y es !
Emilie avait pris l'habitude de se faire une petite tresse sur le côté de son visage.
-Voilà ! C'est fait !
-Bon, je vais manger, je te laisse te préparer !
Elle se brossa les dents, se lava le visage et se coiffa puis elle retourna dans sa chambre. Elle ouvrit les tiroirs avec un nouveau problème en tête :
« Qu'est-ce que je vais mettre aujourd'hui ? »
Elle n'allait pas en cours donc hors de question de mettre son uniforme. Elle resta plantée là sans bouger pendant au moins dix minutes...
« Rah !!!!!!!!! C'est trop chiant !!!!!!!!!!! »
Finalement, elle fit comme d'habitude : elle ferma les yeux et prit quelque chose au hasard qu'elle enfila sans même regarder ce que c'était. Elle n'eut pas le temps d'ouvrir les yeux qu'Emilie entra et explosa de rire. Elle se retourna vers elle.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
Elle riait tellement qu'elle n'avait plus assez de souffle pour parler. Elle la pointa seulement du doigt. Libye se regarda dans le miroir. Elle comprit enfin : elle portait un pantalon de sport et un haut de bikini par-dessus son soutien-gorge. Elle devint rouge comme un tomate.
-Dis... Tu... tu comptes vraiment y aller comme ça ! Autant te mettre directement en maillot de bain ! Mais avec le temps qu'il fait, tu vas te les geler !
Et elle repartit dans une autre crise de fou rire.
-Dis, tu voudrais pas m'aider ? Je sais pas quoi mettre...
-Je vois ça !
Elle se calma un peu puis se mit à fouiller dans les vêtements Libye.
-Ben, dis donc ! C'est pas la joie ! T'as que des trucs gris, noirs ou tout déteint !
-Ca fait longtemps que je suis pas allé m'acheter des fringues...
-Bon... Euh, je sais ce qu'on va faire ! Tu vas mettre des fringues à moi !
-Mais tu es beaucoup plus petite que moi !
-Ah, oui, c'est vrai... Je sais ! On a une vieille valise remplie d'affaires qui appartenait à une cousine ! Elle devait faire à peu près ta taille. Suis moi !
Elle l'entraîna dans le couloir où elle ouvrit un des multiples placards.
-Rah, elle est trop haute. Je peux pas l'atteindre !
-Attends.
Libye se mit sur la pointe des pieds et attrapa la malle. Elle la tira vers elle par la poigné mais elle était si lourde qu'elle échappait à son contrôle et tomba sur le sol en s'ouvrant. Déversant au passage au flot de vêtements un peu partout dans le couloir. Alertée par le bruit assourdissant qu'avait provoqué la chute, Karine arriva en courant, une tasse de café à la main. Elle manqua s'étouffé en voyant Libye qui n'avait pas changé de tenue depuis tout à l'heure.
-Mais qu'est-ce que c'est que ce foutoir ! Libye tu vas être en retard ! Et puis tu peux m'expliquer pour tu es habillée comme ça !
-Désolée, Mom ! C'est une urgence !
Karine ramassa les vêtements qui jonchaient le sol, les fourra tant bien que mal dans la valise, releva Emilie qui était tombée par terre en essayant de rattraper la malle, la poussa dans la chambre et jeta la valise à sa suite avant de les rejoindre. Karine retourna dans la cuisine avec le début d'un mal de tête, elle n'arriverait sûrement jamais à comprendre sa fille...
-Bon, voyons voir ça !
Emilie s'était mise à faire le tri dans les vêtements de sa cousine, balançant un peu partout ce qui ne lui plaisait pas pour ne garder que ce qu'elle trouvait potable. Au final, il ne resta qu'une dizaine d'affaire. Elle eût vite de choisir : elle prit un pantalon patte d'éph' et un pull col roulé échancré. Elle déshabilla Libye sans lui demander son avis puis lui enfila les vêtements.
-Et ben voilà ! On s'en est bien sortit ! Bon ça fait un peu le look « Peace&Love » mais ça te va bien.
-Libye ! Mark est arrivé !
-Deux minutes, Mom ! Je m'occupe des détails !
Elle la recoiffa un peu et lui passa un coup de brillant à lèvre.
-Faut pas trop en mettre. Sinon, c'est pas pratique pour les baisers. Si j'avais su, je t'aurais maquillé mais on a plus le temps. J'y pense ! T'as pas de sac !
Elle fouilla dans l'armoire et en sortit un sac en jean assortit à son pull. Elle mit quelques affaires à l'intérieur dont le fameux brillant, une mini brosse à cheveux, un miroir et un paquet de mouchoirs.
-Bon, vas-y princesse ! Mais n'oublie de revenir avant minuit ou le charme sera rompu !
-Oui marraine la bonne fée !
Quand elle ouvrit la porte de l'immeuble, un vent froid lui glaça les os. Elle se rendit compte qu'Emilie avait oublié un détail : c'était bien gentil de lui avoir mis un pull mais il aurait été plus judicieux qu'elle mette un bon manteau bien chaud. Surtout qu'elle ne portait rien en dessous, sauf ses sous-vêtements bien sûr !
-Salut !
Mark l'attendait en face de l'immeuble, appuyé sur sa vieille voiture. Quoi qu'elle n'était pas sûr qu'on puisse vraiment appelé ça « une voiture » : il lui manqua un fard à l'avant, un rétroviseur avait été arraché et l'autre pendant lamentablement au bout de vieux morceaux de bande adhésives. L'arrière de la voiture était si cabossé qu'il fallait au minimum cinq minutes avant de pouvoir ouvrir le coffre. Quand à la peinture, il n'y en avait plus aucune trace sur le toit qui d'ailleurs était recouvert de rouille, les portières avaient été maintes fois rayées par des clés et les quelques traces qui restaient étaient recouvertes de poussière et de boue. Au final, Mark lui-même ne savait même plus qu'elle était la couleur d'origine de sa poubelle ambulante.
-Madame, votre carrosse est avancé !
-Je me demande si il ne serait pas moins dangereux d'y aller à pied !
-Alors il nous faudra au minimum trois quart d'heure pour arriver à destination !
-Très bien ! Prenons ta voiture ! Au fait, je ne sais toujours pas pourquoi tu viens me chercher si tôt ! Mon entretien avec la juge n'a lieu que à quinze heures.
-C'est une surprise... Au fait, tu t'entends bien avec Karine ? On a pas vraiment eu le temps d'en parler.
-Oui, elle a même une fille très gentille.
-À vraiment ?
Il parlèrent d'Emilie sur tout le reste du chemin, Libye lui raconta toutes les petites anecdotes qu'elle connaissait sur elle. Ils arrivèrent enfin. Elle n'avait pas vraiment fait attention sur le chemin mais elle se rendit compte qu'ils étaient à Versailles, dans le parc du château.
-Ca fait longtemps que je n'étais pas venue... La dernière fois, je crois que c'était quand ma grand-mère m'emmenait me promener pendant que ma mère rendait visite à mon père à l'hôpital... Je devais avoir neuf ou dix ans.
-Moi, je ne suis jamais venu. Tu me guideras !
-Je le connais presque par c½ur ! J'y passais des après-midi entières ! Souvent je trouvais des cachettes où je restais des heures et ma grand-mère passait son temps à me chercher ! Une ou deux fois, je suis allée dans des lieux interdits aux publics et un gardien me ramenait à mamie qui était furieuse.
-Eh, bien ? Où voudrais tu aller ?
-Au bassin de Neptune ! À cette heure-ci, il ne doit y avoir presque personne !
Effectivement, à cette heure-ci, le parc était presque désert. Ils s'assirent côté du bassin des dragons. Libye se mit à fouiller dans son sac.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Le ciel rose derrière la statue de Neptune... Je peux pas laisser passer ça...
Il comprit quand elle sortit un appareil photo numérique dans sa sacoche.
-J'avais oublié que tu étais passionnée de photo... Au fait, tu fais comment pour développer tes clichés maintenant que tu n'as plus ta salle spéciale...
-Le labo ? Il y en a un au lycée grâce au club de journalisme. Quelque fois, je le leur emprunte.
-Le journalisme ?
-Oui, ils font un journal où tout est fait maison, le papier, les illustrations,... Sauf l'encre peut-être !
-Je n'avais pas ça dans mon lycée...
-Bienvenue chez les riches !
Elle prit quelques photos puis ils continuèrent leur marche. Ils remontèrent l'Allée d'Eau, puis continuèrent tout droit jusqu'à arriver au Parterre de Latone. Là, ils tournèrent à droite et passèrent par le Grand Canal. Ils le longèrent pour arriver jusqu'au Trianon.
-C'est vrai que le bâtiment est très beau, mais ça ne sert pas vraiment grand chose de venir ici : ce n'est pas encore ouvert...
-Suis moi...
Elle s'engouffra dans les buissons et longea le grillage qui entourait le bâtiment.
-Je ne sais pas si il y est encore... Ca fait si longtemps...
Elle s'arrêta brusquement.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Incroyable ! En six ans, ils ne l'ont toujours pas réparé !
Mark vit alors qu'une partie du grillage avait été découpé. Sûrement par de grosses tenailles. Libye s'engouffra dans le trou. Elle eut du mal à passer, elle avait bien grandi depuis ses neuf ans. Quand Mark l'eut rejoint et qu'elle eut vérifié que le gardien n'était pas en train de se faire sa ronde. Elle s'avança à découvert, suivie par Mark.
-Mais, dis moi. Ce qu'on fait n'est pas interdit ?
-Tu penses ? Dit-elle sur un ton amusé. C'est ce qui rend la chose bien plus intéressante que de visiter simplement le Trianon.
-Et qu'est-ce que tu veux faire exactement ?
-Je veux regarder ce qu'il y a l'intérieur.
-Mais on ne peut pas entrer !
-Qui t'a parlé d'entrer ? Il suffit de regarder par la fenêtre !
-On va se faire prendre...
-Mais non ! Tiens ! Regarde cette fenêtre ! Elle doit être à notre hauteur ! Viens !
Ils arrivèrent jusqu'à la fenêtre, Libye se hissa sur la pointe des pieds pour jeter un coup d'½il l'intérieur du bâtiment.
-Wouha !!!! C'est vraiment magnifique. Quand j'étais enfant, j'étais trop petite pour pouvoir regarder.
-Dépêche-toi, on est totalement à découvert...
-T'inquiètes, ça m'étonnerait que les gardiens...
-Eh ! Qu'est-ce que vous faites là ! C'est interdit d'être ici à cette heure !
-Merde !
-Je te l'avais dit !
-Cours !
Ils tentèrent d'atteindre le plus vite possible le passage par le quel ils étaient entrés. Libye passa la première. Mais elle s'arrêta net.
-Eh ! Qu'est-ce que tu fous ?! C'est pas le moment de faire une pause !
-Tu vas rire ! Je suis coincée...
-T'es vraiment pas douée !
-C'est pas ma faute !
-Je te rappelle que c'est toi qui voulais qu'on vienne ici !
Le garde les rattrapa.
-Alors les jeunes, on voulait faire une ballade romantique ?
-Je crois que c'est tombé à l'eau !
-Libye, c'est pas le moment de plaisanter ! On est désolé... On a pas les moyens de se payer l'entrée, alors...
-Ouais, ouais, c'est ça... En attendant vous allez me suivre !
-Je crois bien que ça va pas être possible...
-Et pourquoi donc ?
-Parce que je suis bloquée !
-Tels les prix qui croyait prendre ! Et puis qu'est ce que ce trou fais ici ! Va falloir réparer tout ça !
Après quelques minutes à s'acharner sur le pauvre grillage qui n'avait rien demandé à personne, Libye finit par se tirer du passage. Elle releva la tête vers le gardien.
-Edouard ! C'est vous ?!
-Comment connaissez vous mon nom ?
-Vous ne vous rappelez pas de moi ! Faut dire que ça fait un bout de temps quand même.
Mark regarda le vieil homme bedonnant. Etait-ce un ami de la famille de Libye ?
-Qui êtes vous ?
-Il y a environ sept ans ans, je venais souvent ici. À chaque fois, je me faisais attraper par un gardien parce que je faisais des bêtises. Ce gardien, c'était vous !
-Vous savez, des gamins, j'en ai contrôlés plus d'un... Quoique, vos yeux, ils me disent quelque chose... Je... Je crois me rappelez... Oui... C'est ça... Une gamine aux eaux yeux clairs, qui traînait tout le temps dans le coin... On l'avait déjà coincée plusieurs fois... Elle s'ennuyait, alors je l'emmenait avec moi pendant mes rondes et je lui montrait le parc...
-Oui, c'est vous qui m'avez montré touts ses secrets !
-Ma petite, je ne pensais pas te revoir... Ca m'a fait plaisir ! Pour la peine, je vous laisse filer ! Mais c'est bien parce que c'est toi !
-Oh, merci Ed !
Elle l'embrassa sur la joue avant de partir en courant, main dans la main avec Mark, vers la sortie qu'il leur avait indiqués.
-Je ne savais pas que tu avais tant de relations !
-Avoue que je nous ai bien sauvé la mise !
-C'est surtout toi qui nous à foutus dans le pétrin !
-Forcément, si tu vois toujours le mauvais côté des choses ! Bon, on va où maintenant ?
-Voyons voir, il est 10h. Le temps passe vite... J'aurais besoin d'aller faire quelque chose, il va falloir marcher un peu.
-Pas de problème, tant qu'on prend pas ta voiture !
Ils marchèrent pendant une demi-heure et finir par s'arrêter à un café.
-Qu'est-ce que vous prendrez ?
-Une bière.
-Moi aussi j'en veux une !
-Non, tu es mineure !
-Mais euh !!!!!!!!!!!!!!!!! Pfffff, un ice-tea alors...
-C'est noté !
Mark finit son verre en vitesse.
-Reste ici, je reviens...
-Je te préviens si tu me plainte ici pour pas payer l'addition, t'en entendra parler !
-T'inquiètes, j'en ai pas pour longtemps !
Une fois Mark partit, Libye se fit accoster par plusieurs hommes qui tentaient de l'approcher. Mais chaque fois, elle les rembarrait. Au bout de la cinquième fois, elle en eut assez et remis ces lunettes. Elle évitait de les mettre quand elle était avec Mark, elle s'avait très bien que c'était un tue l'amour. Enfin, elle le vit revenir, cachant quelque chose dans son dos.
-Qu'est-ce que tu mijotes ?
-Ferme les yeux...
Elle obéit.
-Ca y est, ouvre-les.
Elle découvrit un magnifique bouquet de rose rouge devant elle.
-Que... Elles sont superbes ! Mais... Pourquoi ?
-Pour me faire pardonner de ce que je vais faire...
Elle ne comprit. Il la laissa là et alla payer la note. Elle remarqua un autre bouquet un peu plus petit sur la table, composé de rose jaune et rouge. Etait-ce pour une autre femme ? Allait il la quitter ? C'était ça qu'il devait se faire pardonner ? Elle paniqua. Il revint vite.
-Mark... C'est... C'est pourquoi cet autre bouquet ?
-Tu vas vite comprendre...
Il lui prit la main et ils recommencèrent à marcher. Au ton de sa voix, elle comprit qu'il se tramait quelque chose de grave... Son c½ur s'emballa, les larmes lui montèrent aux yeux.
-Tu... Tu veux me quitter, c'est ça ?!
Il se retourna vers elle et la prit dans ses bras, séchant ses larmes.
-Mais qu'est-ce que tu racontes ! Tu sais très bien que je t'aime ! Non, c'est autre chose...
-Quoi ?!
Il ne répondit pas. Ils recommencèrent à marcher. Après quelques minutes, ils arrivèrent devant un énorme bâtiment. Libye ne le reconnut pas tout de suite. Puis il vit un grand H dans un cercle bleu ornant un des murs...
« L'hôpital... L'hôpital de Versailles... L'hôpital où est maman... »
Elle mit du temps à comprendre. Elle stoppa net. Mark se tourna vers elle.
-Je...Non... Mark... Je ne veux pas ! Je ne peux pas !
Il dit ne rien. Il murmura juste un tout petit, un minuscule « désolé ». Il reprit la marche, serrant plus fort la main de Libye pour la forcer à avancer. Au fur et à mesure qu'ils s'approchaient de l'hôpital, elle se débattait de plus en plus. Elle ne voulait pas la lâcher, elle voulait juste qu'il abandonne, qu'ils retournent dans la voiture et qu'il l'emmène loin, très loin de cet endroit maudit. Mais elle avait beau y mettre toute son énergie, il était toujours plus fort. Ils finirent par entrer. Les gens les regardaient l'air intrigué. Mark s'approcha de l'accueil. L'infirmière le regarda avec de grands yeux. C'était la même qui avait appelé la police quelques jours plutôt.
-Je voudrais voir Mme Faust.
-Bien sûr, vous êtes ?
-Je suis avec sa fille.
Elle jeta un coup d'½il à Libye qui se débattait toujours.
-Je vais appeler quelqu'un pour qu'il vous accompagne, l'hôpital est assez grand, vous pourriez vous perdre...
Quelques minutes plus tard, une infirmière arriva.
-Magalie, comme c'est une heure creuse, tu pourrais les emmenés en 316 bâtiment C.
-Pas de problème.
Ils ressortirent, elle leur fit traverser la moitié de l'hôpital avant d'entrer dans un bâtiment plus petit que les autres, à seulement quatre étages. Ils prirent l'ascenseur. Le c½ur de Libye s'emballa. Mark sentit que ses mains devenaient moites. Quand ils arrivèrent au dernier étage, elle resta plantée dans le couloir. On l'aura cru morte si l'on n'avait pas vu qu'elle tremblait.
-Libye...
Elle le repoussa violement.
-Non !
Il atterrit contre le mur du couloir. Le choc lui coupa le souffle.
-Je vous demanderais de ne pas crier.
Ils ne l'écoutaient pas. Mark regarda Libye. Ses cheveux cachaient son visage mais il devina qu'elle pleurait.
-Tu peux m'attendre ici. Je ne te forcerais pas...
Il suivit l'infirmière. Il était persuadé qu'il arriverait mieux à comprendre Libye s'il rencontrait sa mère.
-C'est ici.
Il ouvrit la porte, il vit une femme allonger dans un lit, les yeux fermés.
-Elle dort... Je vais attendre qu'elle se réveille.
-Monsieur, vous ne savez pas ? Elle... Elle est dans le coma.
-Comment ?! Mais ça fait plus de deux semaines que son accident a eu lieu.
-Oui mais le choc qu'elle a subit est bien plus important que ce qu'on pensait. Elle... Elle est en état de mort cérébrale.
-Vous voulez dire que...
-Oui, elle ne se réveillera jamais. À vrai dire, je comprends la jeune fille. C'est toujours difficile de rendre visite à des morts...
« Mort... »
-Pourriez me laissé seul avec elle ?
-Je vous en prie.
Il referma la porte derrière lui. Il approcha une chaise du lit et s'assit.
-Cela fait longtemps que je voulais vous voir... Je... Vous n'avez plus à vous en faire, c'est moi qui protège Libye dorénavant. Je suis sûr qu'au fond de vous, vous l'aimez toujours... Vous lui manquez. Son père aussi. C'est bizarre, j'aurais pensé que j'aurais eu plus de choses à vous dire mais là sur le coup, je perds mes mots. Je reviendrais vous voir faut qu'on discute. Mais là, elle m'attend dehors. Je... Je dois... Je dois la rassurer...
En disant ces mots, les larmes lui montèrent aux yeux.
-Pourquoi je n'arrive pas à la protéger ? Pourquoi elle pleure encore ? Je voudrais tout effacer, toutes les souffrances qu'elle a endurées, toutes les larmes qui ont coulés... Je suis peut-être incapable de le faire.
-Libye ?
Elle l'ignora. Il s'assit à côté d'elle.
-Je suis désolé.
-Tu n'as pas à l'être, tu n'y es pour rien... Alors maintenant, toi aussi tu sais que je suis... orpheline.
Il la prit dans ses bras.
-Je suis là. Ca va aller ?
-Dis... Pourquoi cette femme qui m'a tant fait souffrir, pourquoi est-ce que ça fait mal alors qu'elle ne m'a jamais aimée ?
-Je pense qu'elle t'aimais malgré tout ce qu'elle te disait. Et toi aussi, tu le savais, c'est pour ça que tu as mal, parce que malgré tout, tu l'aimes. Parce que c'est ta mère... Si tu ne pleurais pas, ça voudrait dire que tu ne ressens rien, mais c'est faux. Loin de là...
Elle continua de pleurer longtemps, très longtemps dans ses bras.
-Libye... Il faut aller voir la juge.
-Oui...
Elle sécha ses larmes et ils partirent. Ils marchèrent vers un avenir où plus aucune larme ne couleraient...
En réponse à Nathou ou à d'autre qui trouveront le même problème ::::
Libye est nettement plus extravertie que dans les autres chapitres tout simplement parce que c'est sont vrai caractère. Seulelment avant le comportement de sa famille l'avait renfermé sur elle-même. Mais ça fait maintenant une semaine qu'elle vit chez des gens qui la traitent !merveilleusement bien. C'est un peu ça ce que Mark appelle "protéger Libye" : lui redonner le sourire et lui permettre de s'ouvrir aux autres.
© 2008 - Ce sont des larmes qui coulent sur ton visage ?